Corralas

Après la Grèce et le Portugal, c’est au tour de l’Espagne d’être touchée de plein fouet par cette crise économique que l’ensemble de l’Europe connaît depuis bientôt 5 ans.

Les conséquences économiques et sociales sont dramatiques, le chômage frôle les 27% et le pays compte presque 6 millions de chômeurs. A cette précarité du marché du travail s’ajoute une crise du logement sans précédent. Au premier trimestre 2012, plus de 5OO expulsions journalières ont eu lieu dans l’ensemble du pays, dont 82% de famille avec des mineurs à charge. Dans ce terrible constat, l’Andalousie, dont plus du tiers de la population est au chômage, est l’une des régions les plus frappées par les expulsions (environs 50 000 expulsions au premier trimestre 2012).

Face à l’immobilisme des autorités publiques pour leur apporter une solution, ces familles surendettées, dans l’incapacité de payer leur loyer ou de rembourser leur emprunt (dont le crédit court toujours malgré l’expulsion) se voient dans l’obligation d’occuper illégalement des logements vides depuis plusieurs années sans eau courante ni électricité, pour ne pas vivre dans la rue.

Car, c’est là tout le paradoxe, selon le gouvernement andalou prés de 1 million de logements neufs sont inoccupés et abandonnés, conséquence de l’éclatement de la bulle immobilière et des problèmes de corruption qu’a connue l’Espagne ces dix dernières années.

Devant ce constat incohérent, ces centaines de familles, avec le soutien des organisations pour le droit au logement, du mouvement des « Indignados », et de la société civile Espagnole dans sa grande majorité, se mobilisent sans relâche pour revendiquer un loyer social et lutter contre la misère et l’abandon.