Melilla

L’enclave Espagnole de Melilla est située sur la côte nord-ouest de l’Afrique. Elle est située dans le territoire marocain, duquel elle est séparée par une triple barrière frontalière de 7 mètres de haut et 12 km de long. Un ouvrage qui a coûté 33 millions d’euros.

En quelques mois, Melilla est devenu l’un des chemins de migration clandestine les plus importants avec l’île de Lampedusa en Sicile. Chaque semaine, des milliers de migrants, pour la plupart subsahariens tentent de franchir cette barrière au péril de leur vie.


Ce matin de mai 2014, vers 6H30, profitant de la brume matinale, plus de 500 migrants prennent d’assaut la barrière frontalière en deux endroits dans le but de diviser les forces de polices. Seulement 140 réussiront à passer prés du poste frontière de « Barrio Chino ». Les autres resteront prés de six heures perchés sur ces grillages avant d’être délogés par la Guardia civil, dont les méthodes musclées sont largement dénoncées par les ONG. Tous seront renvoyés au Maroc.

Pour ceux qui réussissent à passer, le CETI de Melilla (centre d’accueil temporaire pour les immigrés) constitue un « eldorado », mais surtout la première étape européenne vers la France l’Angleterre ou l’Allemagne. Suite à la dernière vague migratoire, ils seraient environ 2.000 personnes, dont 40% de Syriens, dans un centre prévu pour 480, à attendre de voir leur demande d’asile étudiée et de pouvoir passer sur la péninsule. Face à cette surpopulation et au manque de moyens attribués par l’Union, le gouvernement de Melilla et les affaires sociales ont dû faire appel à l’armée pour trouver des lits supplémentaires. Ces milliers de migrants dorment entre vingt et trente par dortoir. Dans ces conditions difficiles, une grande partie d’entre eux passent toute la journée devant le centre dans un campement de fortune dans lequel ils se regroupent par origine pour s’isoler, se détendre et se reposer. La nuit tombée, ils démontent leurs abris, rentrent au centre, en attendant de les remonter le jour suivant.